« On est venu avec l’ambition de porter Toulon le plus haut possible »


17 mars 2026

C’est une première depuis 2001 : Toulon retrouve un restaurant étoilé !
À peine quatre mois après son ouverture, le restaurant Chanael décroche une étoile, portée par son chef Anthony Denon.
Entre fierté, ambition et attachement au territoire, il revient sur cette récompense et son arrivée dans la capitale varoise.

Mistral FM : Quel est votre sentiment personnel après avoir appris cette étoile ?

Anthony Denon : C'est beaucoup de fierté, parce que je pense d'abord à ma famille, mes parents, ma femme, mes enfants, et maintenant aussi à tous les Toulonnais qui étaient derrière nous, donc je suis très fier.

Mistral FM : Vous vous y attendiez, avec un restaurant ouvert depuis seulement quatre mois ?

AD : Non ! J'y pensait dans un petit coin de ma tête, parce que ça fait six ans que j'avais une étoile à Paris, dans différents établissements.
Ils sont venus nous visiter très rapidement, donc on s'est dit que peut-être il y avait un coup à jouer.
Mais aujourd'hui on est très fiers, et c'est quand même une belle surprise, parce qu'au bout de trois mois d'ouverture, c'est une belle victoire.

Mistral FM : Est-ce que vous pouvez nous présenter cet établissement ?

AD : C'est un ancien très grand restaurant qui s'appelle Auxours, place de l'Opéra, avec une très belle histoire pour les Toulonnais et les Varrois.
On nous a présenté ce restaurant il y a plus d'un an, et il y a une énergie, quelque chose qui s'y passe en face de l'Opéra.
Avec mes équipes de Paris et ma femme, on a décidé de créer un luxe décontracté, une belle salle à manger avec un luxe contemporain, pas de bling bling, mais la meilleure qualité possible dans le choix des matériaux, des sièges, des tables.

Mistral FM : C’est un événement pour la ville, il n’y avait plus de restaurant étoilé depuis 2001. Comment vous l’accueillez ?

AD : Nous on est des gens très humbles.
On est venu avec l'ambition de devenir les meilleurs, de porter Toulon le plus haut possible en termes de gastronomie.
Aujourd'hui on est très heureux, on le prend avec beaucoup d'humilité.
Ça ne veut pas dire que les autres ont moins bien fait.
Aujourd'hui c'est juste que notre proposition a fait qu'on nous a récompensé très rapidement.

Mistral FM : Vous étiez attendus, il y avait une pression ?

AD : Oui, on a pris une certaine pression positive.
On savait que la ville espérait une table étoilée depuis très longtemps.
On est très fier d'avoir répondu présent aussi rapidement, et ça nous a boosté encore plus.

Mistral FM : Votre lien avec Toulon ?

AD : Je n'en avais pas beaucoup pour dire la vérité.
Quand on m'a proposé Toulon, je ne savais pas quoi répondre.
On m'a donné des bons arguments en faisant visiter la ville, le cœur de ville, toute cette dynamique.
J'ai senti une énergie assez folle et toute la municipalité nous a aidés, nous a confortés dans notre idée.
On a vite décidé de signer.

Mistral FM : Votre cuisine est très ancrée localement ?

AD : Oui, moi je suis devenu cuisinier à Monaco, chez Alain Ducasse au Louis XV, où j'ai compris la cuisine méditerranéenne, cette cuisine du soleil, des légumes, des acteurs locaux.
Quand je suis revenu dans la région, j'étais très pressé de toucher à tous ces produits.
Aujourd'hui je suis très heureux de travailler des produits de circuit court, gorgés de soleil.
J'ai découvert des producteurs incroyables, fait des rencontres extraordinaires.
Je suis très fier d'être arrivé à Toulon.

Mistral FM : Vous parlez aussi d’accessibilité, c’est important pour vous ?

AD : Oui, mais il ne faut pas oublier que c'est une entreprise.
On a mis tout ce qu'on avait avec ma femme, on n'a pas fait de petits investissements.
On a cherché la qualité, mais il faut être dans le juste prix.
Ce n'est pas simple, mais on essaye de ne pas être trop cher, d’être au juste prix pour faire vivre l’entreprise.

Mistral FM : Vous êtes aussi engagé sur l’anti-gaspi ?

AD : Oui, c'est une éducation que j'ai eue.
Je viens d'une grande famille, on fait attention aux dépenses.
Chez Alain Ducasse, on apprend à ne rien jeter, à tout transformer, à respecter le produit et la planète.
Je l'ai cultivé toute ma carrière.
Aujourd'hui, ça me permet de proposer un menu à moins de 50 euros le midi, en transformant les produits, sans gaspillage, avec des recettes gourmandes.

Mistral FM : Et maintenant, la suite ?

AD : Aujourd'hui c'est de continuer.
On est rempli d'ambition, on n'est pas venu pour s'arrêter à une étoile, même si on est très heureux.
On veut aller chercher les plus grands ! Et on se bat au quotidien, il faut stabiliser, mais aller chercher d'autres récompenses pour faire briller ce restaurant le plus loin possible.